Coût de revient d'un agent de sécurité en 2026 : le calcul complet
12,96 € brut de l'heure au coefficient 140… mais un coût de revient complet qui frôle les 23-24 €. Entre les deux : 42 % de charges patronales, des majorations de nuit et de dimanche, des congés payés, des remplacements, de l'encadrement et de la structure. Voici la décomposition ligne à ligne — et le prix de vente en dessous duquel vous travaillez à perte.
Le point de départ : la grille conventionnelle au 1ᵉʳ janvier 2026
Tout calcul de coût commence par le salaire minimum conventionnel. Au 1ᵉʳ janvier 2026, la grille de la CCN des entreprises de prévention et de sécurité (brochure 3196, IDCC 1351) a été revalorisée de +2,8 % : c'est la troisième et dernière tranche de l'accord triennal du 25 septembre 2023, étendu par arrêté et donc applicable à toutes les entreprises de la branche, après +5 % en 2024 et +3,2 % en 2025 — soit environ 11,4 % de hausse cumulée en trois ans.
Concrètement, pour un temps plein de 151,67 heures : le coefficient 120 (agent de sécurité qualifié, porte d'entrée du métier) est à 1 883,85 € brut par mois, soit 12,42 € de l'heure ; le coefficient 140 (profil courant des agents confirmés et SSIAP 1 selon les classifications) est à 1 965,78 € brut, soit environ 12,96 € de l'heure. À titre de repère, le SMIC au 1ᵉʳ janvier 2026 est à 12,02 € brut de l'heure (1 823,03 € par mois) — et sa revalorisation automatique du 1ᵉʳ juin 2026 l'a porté à 12,31 €, à moins de 1 % du coefficient 120. La grille complète, coefficient par coefficient, est détaillée dans notre grille des salaires sécurité privée 2026.
Mais ce brut de base n'est que le premier étage de la fusée. Un dirigeant qui chiffre une prestation sur la base de 12,42 € ou 12,96 € de l'heure court à la catastrophe : il manque encore les majorations, les primes conventionnelles, les charges patronales et tous les coûts indirects.
Du brut au brut chargé : majorations, primes et 42 % de charges
Premier étage supplémentaire : les majorations conventionnelles. La CCN 3196 impose au minimum +10 % pour les heures de nuit (21h-6h), +10 % pour les heures du dimanche et +100 % pour les jours fériés travaillés. Sur un site gardé 24h/24 et 7j/7, environ la moitié des heures sont des heures de nuit et un septième tombe le dimanche : selon le profil du planning, les majorations ajoutent typiquement 7 à 10 % au salaire de base. S'y ajoutent les primes conventionnelles : prime d'ancienneté (par exemple +8 % à dix ans), indemnité de panier dès six heures de vacation continues, indemnité d'entretien des tenues de 8,54 € nets par mois et dix minutes d'habillage payées par jour travaillé. Notre calculateur CCN 3196 permet de simuler ces montants poste par poste.
Deuxième étage : les charges patronales. Les sources professionnelles du secteur retiennent un taux moyen d'environ 42 % du brut pour un agent d'exploitation, après application des allègements généraux sur les bas salaires — un taux à recalibrer sur vos propres bulletins selon votre taux AT/MP, votre mutuelle, votre prévoyance et la taille de l'entreprise. Un brut horaire moyen de 14,50 € (base + majorations + primes) devient ainsi un coût salarial direct d'environ 20,60 €. C'est exactement le mécanisme qui rend la paie du secteur si piégeuse : chaque euro de majoration oublié au devis se retrouve amplifié de 42 % au moment de payer — nous l'avons détaillé dans notre analyse de la complexité de la paie en sécurité privée.
Les coûts invisibles que les devis oublient
Le salaire chargé n'est pas le coût de revient. Six postes s'ajoutent systématiquement.
Congés payés et absentéisme
Un agent acquiert 2,5 jours de congés par mois et reste payé pendant ses absences indemnisées. Pendant ce temps, il faut le remplacer : l'heure vendue est produite par quelqu'un d'autre, souvent avec majorations ou heures supplémentaires de couverture.
Remplacements au pied levé
Arrêt maladie le vendredi soir, carence d'agent sur un site 24/7 : le remplacement en urgence se paie en heures supplémentaires majorées, en frais de déplacement, parfois en sous-traitance. Sur l'année, ce poste pèse plusieurs points de coût.
Tenue et équipement
Tenue conforme à l'arrêté du 18 juillet 2023 (insignes, numéro d'identification, mention dos), renouvellement, EPI, moyens de contrôle de ronde, téléphonie : un coût récurrent par agent équipé, trop souvent absent des chiffrages.
Formation et carte professionnelle
Maintien des acquis (MAC APS tous les 5 ans), recyclages SSIAP et SST, suivi de la validité des cartes professionnelles CNAPS : des heures payées non produites et des coûts pédagogiques à lisser sur le coût horaire.
Encadrement et exploitation
Chef de poste, planification, astreinte exploitation, contrôles de site, gestion RH et paie : la structure d'encadrement représente couramment 8 à 10 % de coût additionnel rapporté à l'heure d'agent vendue.
Le surcoût CDD
Indemnité de précarité (minimum 10 % de la rémunération brute) plus indemnité compensatrice de congés payés (10 %) versées en fin de contrat : une source professionnelle chiffre un coefficient 140 de nuit à 23,21 €/h en CDD contre 19,11 €/h en CDI début 2026, avant frais d'exploitation.
Le tableau de décomposition du coût horaire
Exemple illustratif : agent coefficient 140 en CDI, temps plein, affecté à un site gardé 24h/24 (environ la moitié des heures de nuit). Les hypothèses sont volontairement moyennes — chaque ligne doit être recalée sur vos propres données.
À l'autre bout du spectre, un poste de jour en semaine au coefficient 120, sans majorations et avec une structure légère, descend autour de 19,50-20 € de l'heure. C'est cette mécanique qui explique la fourchette citée par les sources professionnelles : un coût salarial direct compris entre 19,50 et 24 € de l'heure en 2026 selon le coefficient, le contrat et le profil horaire — en hausse de 4,25 à 5,40 % sur un an sous l'effet de la revalorisation conventionnelle.
En dessous de quel prix de vente perdez-vous de l'argent ?
La sécurité privée est une industrie de main-d'œuvre : les coûts salariaux représentent 80 à 85 % du chiffre d'affaires des entreprises de gardiennage, sur un marché que le rapport de branche évaluait à 9,56 milliards d'euros et plus de 181 000 salariés en 2022. Autrement dit, il n'existe presque aucun levier pour compenser un prix de vente mal calibré : la marge se joue dans le chiffrage initial, pas dans l'exécution.
Les ordres de grandeur du marché 2026 sont sans ambiguïté : avec un coût salarial direct de 19,50 à 24 €/h, un tarif facturé sous 20-21 € HT de l'heure ne couvre généralement même pas le salaire chargé d'un agent conventionné — il suppose presque mécaniquement de la sous-déclaration ou du travail dissimulé chez le prestataire. Les fourchettes viables se situent autour de 23 à 25 € HT pour des prestations récurrentes à fort volume et 26 à 28 € HT pour des missions ponctuelles ou de courte durée, où la précarité et les frais fixes pèsent plus lourd. Avant de répondre à un appel d'offres, posez systématiquement votre décomposition : notre guide du chiffrage des prestations de sécurité en détaille la méthode poste par poste.
C'est aussi là qu'un outil métier fait la différence : HECTOR calcule la pré-paie CCN 3196 (majorations nuit/dimanche/férié, paniers, ancienneté) directement depuis le planning réel de chaque agent, ce qui permet de confronter en permanence le coût constaté au prix vendu, site par site — voir notre logiciel de pré-paie sécurité privée.
Questions fréquentes
Quel est le coût de revient horaire d'un agent de sécurité en 2026 ?
Le coût salarial direct (salaire chargé) se situe entre 19,50 et 24 € par heure selon le coefficient, le contrat et le profil horaire du site. En ajoutant encadrement, tenue, remplacements et structure, le coût complet d'un coefficient 140 sur un site 24/7 approche 23-24 €/h ; un poste de jour au coefficient 120 descend autour de 19,50-20 €.
Quel est le salaire minimum conventionnel d'un agent en 2026 ?
Au 1ᵉʳ janvier 2026 (+2,8 %, dernière tranche de l'accord triennal du 25 septembre 2023 étendu), le coefficient 120 est à 1 883,85 € brut par mois (12,42 €/h) et le coefficient 140 à 1 965,78 € brut (≈ 12,96 €/h), hors primes et majorations.
Quel taux de charges patronales appliquer en sécurité privée ?
Les sources professionnelles du secteur retiennent une moyenne d'environ 42 % du brut pour un agent d'exploitation, après allègements généraux. Le taux réel dépend de votre taux AT/MP, de la mutuelle, de la prévoyance et de la taille de l'entreprise : recalculez-le sur vos propres bulletins avant tout chiffrage.
En dessous de quel prix de vente une prestation est-elle déficitaire ?
Sous 20-21 € HT de l'heure, le tarif ne couvre généralement même pas le salaire chargé d'un agent conventionné. Les fourchettes viables du marché 2026 : 23-25 € HT en prestation récurrente, 26-28 € HT en mission ponctuelle.
Pourquoi un agent en CDD coûte-t-il plus cher qu'un agent en CDI ?
Le CDD cumule l'indemnité de précarité (minimum 10 % de la rémunération brute) et l'indemnité compensatrice de congés payés (10 %) versées en fin de contrat. Illustration de source professionnelle début 2026 : un coefficient 140 de nuit revient à 23,21 €/h en CDD contre 19,11 €/h en CDI, avant frais d'exploitation.
Les majorations de nuit et de dimanche pèsent-elles beaucoup ?
Oui dès que le site est couvert en continu : au minimum +10 % la nuit (21h-6h), +10 % le dimanche et +100 % les jours fériés travaillés. Sur un site 24/7, elles ajoutent typiquement 7 à 10 % au salaire de base — montant ensuite amplifié par les 42 % de charges patronales.
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