← Retour sécurité privée
💶 Guide dirigeant · Pricing 2026

Combien facturer une heure d'agent de sécurité en 2026 ?

Entre 22 et 50 € HT de l'heure selon la prestation : derrière cet écart se joue la survie de votre entreprise. Fourchettes de marché 2026 par type de mission, méthode du coefficient de vente, offre anormalement basse dans les marchés publics et clauses de révision : le guide complet pour vendre au juste prix — et refuser de vendre à perte.

LRÉcrit par Ludovic Roux — SSIAP 3, auditeur IRCA 45001, fondateur d'Hector Solution

Le point de départ : votre coût de revient, pas le prix du concurrent

Avant de parler de prix de vente, posons le plancher. En 2026, le coût salarial chargé d'un agent de sécurité se situe entre 19,50 et 24 € de l'heure selon le coefficient, les majorations et le type de contrat. Ce n'est pas une opinion, c'est de l'arithmétique conventionnelle : la grille des minima de la CCN des entreprises de prévention et de sécurité (CCN 3196 / IDCC 1351) a été revalorisée de +2,8 % au 1er janvier 2026, troisième et dernière marche de l'accord triennal du 25 septembre 2023. Le coefficient 130 (agent d'exploitation) atteint 1 908,54 € bruts mensuels, le coefficient 140 (SSIAP 1, chef de poste) 1 965,78 €, soit environ 12,96 € bruts de l'heure — avant charges patronales, majorations de nuit, de dimanche et de fériés, primes conventionnelles (paniers, entretien des tenues, habillage) et indemnité cynophile de 1,41 € par heure travaillée le cas échéant.

À ce coût salarial s'ajoutent 3 à 5 € de frais de structure par heure vendue (tenues conformes, PTI, véhicules de ronde, formation continue MAC, assurance RC Pro, encadrement, locaux, logiciels) puis la marge. Conclusion brutale mais saine : en dessous de 26 à 28 € HT de l'heure, une prestation courante est structurellement déficitaire — ou financée par du travail non conforme. Nous détaillons chaque ligne de ce calcul dans notre article dédié au coût de revient d'un agent de sécurité en 2026, et notre calculateur CCN 3196 vous donne les majorations exactes par coefficient.

Vendre sous le coût de revient ne fait pas « gagner un client » : cela transforme chaque heure prestée en perte sèche, comprime la trésorerie au moment de payer les salaires le 5 du mois alors que le client règle à 45 ou 60 jours, et finit en redressement URSSAF ou en liquidation. Le marché 2026 ne pardonne plus cette stratégie : les donneurs d'ordre sérieux savent eux-mêmes qu'un tarif trop bas signale un prestataire à risque.

Fourchettes de marché 2026, prestation par prestation

Les fourchettes ci-dessous synthétisent les grilles publiées début 2026 par plusieurs acteurs du secteur. Elles s'entendent HT, hors majorations de nuit, dimanche et jours fériés, pour des contrats réguliers en province. Comptez +15 à 25 % en Île-de-France et sur les sites sensibles, et +20 à 40 % pour les missions ponctuelles de courte durée.

Prestation Fourchette 2026 (HT/h) Repères
Gardiennage / surveillance (ADS)23 – 30 €Poste statique, contrôle d'accès, contrat régulier
SSIAP 122 – 28 €Sécurité incendie ERP/IGH ; SSIAP 2 : 28 – 32 €, SSIAP 3 : 32 – 35 €
Agent cynophile25 – 40 €Chien + indemnité conventionnelle 1,41 €/h ; plateformes logistiques : 27 – 35 € en moyenne
Événementiel35 – 50 €Missions courtes, montée en charge rapide, week-ends et soirées
Rondes / intervention sur alarme30 – 45 €Véhicule, levée de doute, souvent facturées à la vacation ou à l'intervention

Sur les horaires majorés, la mécanique est connue : les heures de nuit (21 h – 6 h) et de dimanche renchérissent le salaire d'environ 10 % et se traduisent par +15 à 25 % sur la facturation ; un jour férié, où le salaire est doublé, double pratiquement le prix de l'heure. Un devis qui « lisse » ces majorations sans les chiffrer poste par poste fait porter tout le risque au prestataire — c'est exactement ce que notre méthode de chiffrage des prestations de sécurité permet d'éviter.

La méthode du coefficient de vente

Prix de vente = coût de revient horaire complet × coefficient. Tout l'enjeu est de ne rien oublier dans le coût, et de choisir un coefficient assumé.

👮

1. Masse salariale chargée

Salaire conventionnel du coefficient réel de l'agent + charges patronales + majorations nuit/dimanche/férié + primes (panier, habillage, entretien, cynophile). En 2026 : 19,50 à 24 €/h selon le poste.

🏢

2. Frais de structure

Tenues conformes, PTI/DATI, véhicules, carburant, formation continue (MAC APS, recyclages SSIAP), assurances, loyers, logiciels : 3 à 5 € par heure vendue selon la taille de la structure.

🧑‍💼

3. Encadrement et remplacement

Chefs d'équipe, planification, contrôles de site, gestion des absences et remplacements au pied levé. Ce coût invisible est celui que les offres low-cost suppriment — et cela se voit sur site.

📈

4. Marge commerciale

2 à 4 € par heure sur les prestations courantes. C'est elle qui finance la trésorerie (vos clients paient à 45-60 jours, vos salaires partent le 5), l'investissement et les imprévus.

✖️

5. Le coefficient final

Coût complet × coefficient = prix de vente. Exemple : 25 € de coût complet × 1,12 = 28 € HT. Calculez un coefficient par typologie de poste, jamais une moyenne globale qui masque les postes déficitaires.

🧮

6. Vérification poste par poste

Un site avec 40 % d'heures de nuit n'a pas le même coût moyen qu'un site de jour. Recalculez le coût réel de chaque planning avant de signer — notre calculateur CCN 3196 donne les majorations exactes.

Marchés publics : l'offre anormalement basse n'est plus une fatalité

Dans les appels d'offres publics, le moins-disant agressif est encadré par le code de la commande publique. L'article L2152-5 définit l'offre anormalement basse comme une offre « dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché », et impose à l'acheteur de la rejeter après vérification. L'article L2152-6 oblige l'acheteur à mettre en œuvre tous les moyens de détection et, en cas de doute, à exiger des justifications du candidat. Les articles R2152-3 à R2152-5 organisent la procédure : le soumissionnaire doit justifier son prix (mode de réalisation de la prestation, conditions exceptionnellement favorables, respect des obligations en matière de droit social et environnemental…), et l'offre est rejetée si les justifications sont insuffisantes ou si le prix contrevient au droit du travail.

Concrètement, pour une prestation de gardiennage, un prix qui ne couvre même pas le minimum conventionnel chargé du coefficient exigé au cahier des charges est un candidat naturel au rejet. Deux réflexes pour les dirigeants : en défense, présentez dans vos mémoires techniques une décomposition de prix transparente (salaire conventionnel chargé + structure + marge) qui démontre la soutenabilité de votre offre ; en attaque, lorsqu'un concurrent remporte un marché à un tarif manifestement intenable, demandez à l'acheteur s'il a mis en œuvre la procédure de l'article L2152-6 — la jurisprudence administrative exige toutefois de démontrer que l'offre est manifestement sous-évaluée et compromet l'exécution du marché, pas seulement qu'elle est moins chère que la vôtre.

Clauses de révision : indexez vos contrats ou subissez la grille

Avec trois revalorisations conventionnelles successives (+5 % en 2023-2024, +3,2 % au 1er janvier 2025, +2,8 % au 1er janvier 2026), un contrat pluriannuel à prix ferme est une machine à détruire la marge : vos coûts montent chaque année, pas votre prix. La parade est contractuelle : une clause de révision de prix valable doit prévoir un indice chiffré, une périodicité et une formule de calcul explicite.

Quel indice retenir ? Les indices généralistes reflètent mal la réalité du secteur, et la série INSEE des prix de production des services de sécurité privée (CPF 80.10) est arrêtée. La référence métier est désormais l'ICSP — indice des coûts de revient de la sécurité privée, publié par le GES et en diffusion publique depuis avril 2023 : il mesure l'évolution du coût du travail des agents et constitue l'assiette la plus défendable face à un donneur d'ordre. Alternative simple pour les contrats privés : une clause de réindexation automatique sur la grille conventionnelle, qui répercute chaque revalorisation des minima à date d'effet. Dans les marchés publics, la direction des affaires juridiques de Bercy recommande elle-même les prix révisables pour les prestations à forte composante salariale : un acheteur qui impose un prix ferme sur 4 ans fabrique lui-même les défaillances de ses titulaires.

Négocier avec les donneurs d'ordre : la transparence comme arme

Face à un acheteur qui « a reçu une offre à 22 € », le pire réflexe est de s'aligner. Le bon réflexe est de montrer le calcul : salaire conventionnel du coefficient demandé, charges, majorations du planning réel, structure, marge. Ce niveau de détail déplace la conversation du prix vers le risque : à 22 €, soit l'agent n'est pas payé à la grille (responsabilité solidaire du donneur d'ordre en cas de travail dissimulé), soit il n'est pas remplacé en cas d'absence, soit il n'existera plus dans six mois. Trois arguments à chiffrer en face du « moins cher » : le coût d'une défaillance de prestataire en cours de contrat, le coût d'un site non couvert une nuit, et le coût réputationnel d'un contrôle CNAPS défavorable chez le client.

Cette rigueur suppose un appareillage de gestion à la hauteur : des devis construits sur les coûts réels du planning, des factures conformes qui détaillent vacations et majorations sans ressaisie, et un suivi de marge par site. C'est précisément ce que fait Hector : le devis se chiffre à partir du planning et de la grille CCN 3196, la facturation en découle automatiquement, et vous voyez la marge de chaque site avant de signer — pour un abonnement qui coûte moins cher qu'une seule heure de gardiennage par mois et par utilisateur.

Questions fréquentes

Quel est le tarif horaire d'un agent de sécurité en 2026 ?

Le gardiennage statique (ADS) se facture généralement entre 23 et 30 € HT de l'heure, le SSIAP 1 entre 22 et 28 €, l'agent cynophile entre 25 et 40 €, les rondes et interventions sur alarme entre 30 et 45 € et l'événementiel entre 35 et 50 € HT. Ces fourchettes varient selon la région (Île-de-France : +15 à 25 %), les horaires et la durée du contrat.

Pourquoi un tarif inférieur à 26 € HT de l'heure est-il un signal d'alerte ?

Parce que le seul coût salarial chargé d'un agent se situe entre 19,50 et 24 € de l'heure en 2026 (grille conventionnelle revalorisée de +2,8 % au 1er janvier 2026), avant frais de structure (3 à 5 €/h) et marge (2 à 4 €/h). Sous 26 à 28 € HT, la prestation est structurellement déficitaire ou repose sur du travail non conforme.

Qu'est-ce qu'une offre anormalement basse dans un marché public de sécurité ?

L'article L2152-5 du code de la commande publique la définit comme une offre dont le prix est manifestement sous-évalué et de nature à compromettre la bonne exécution du marché. L'acheteur doit la détecter (L2152-6), exiger des justifications du candidat (R2152-3) et la rejeter si elles sont insuffisantes ou si le prix ne respecte pas les obligations du droit social (R2152-4 et R2152-5).

Quel indice utiliser pour réviser un contrat de sécurité privée ?

La référence du secteur est l'ICSP (indice des coûts de revient de la sécurité privée) publié par le GES, en diffusion publique depuis avril 2023 : il reflète l'évolution réelle du coût du travail des agents, contrairement aux indices généralistes. Une clause de révision valable doit prévoir un indice chiffré, une périodicité et une formule de calcul. Une réindexation automatique sur la grille conventionnelle est une alternative simple pour les contrats privés.

Comment calculer son coefficient de vente ?

On part du coût de revient horaire complet (salaire chargé + frais de structure + encadrement), puis on applique un coefficient multiplicateur qui intègre la marge cible. Exemple : un coût complet de 25 €/h avec un coefficient de 1,12 donne un prix de vente de 28 € HT. Le coefficient se vérifie poste par poste, car les majorations de nuit, dimanche et fériés déforment le coût moyen réel.

Les majorations de nuit et de jours fériés doivent-elles être refacturées ?

Oui. Les heures de nuit et de dimanche renchérissent le salaire d'environ 10 % et se traduisent par +15 à 25 % sur la facturation ; un jour férié, où le salaire est doublé, double pratiquement le prix de l'heure. Un contrat qui lisse ces majorations sans les chiffrer fait porter le risque au prestataire.

Chiffrez vos prestations au prix juste, en quelques clics

Devis construits sur le planning réel et la grille CCN 3196, marge visible par site avant signature, facturation automatique.

Demander une démo gratuite 📞 07 59 94 06 27